les trois heritages

AL-ANON / ALATEEN Groupes Familiaux France

 

 

 
 
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Les Témoignages  

 

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Je suis adulte enfant d'alcoolique, j'ai 55ans. Je n'ai découvert l'alcoolisme de ma mère qu'à 50 ans. En effet, toute ma famille, moi-même y compris, avons été dans le déni jusqu'à ce que je rencontre Al-Anon à cet âge. Encore aujourd'hui, seuls mon père et moi avons accepté que ma mère avait été un buveur problème. Mes cinq frères et soeurs se protègent en faisant comme si de rien n'était, comme s'il n'y avait pas eu de conséquences dramatiques dans notre famille. Ma mère est décédée il y a 35 ans, j'avais alors 20 ans. J'ai connu Al-Anon grâce à un ami qui était aux Alcooliques Anonymes et qui me suggérait, pour que je le comprenne mieux, d'aller en réunion. J'y ai lu la plaquette "Avez-vous grandi auprès d'un buveur problème?" et j'ai répondu 'oui' à dix-neuf des vingt questions... Je n'en croyais pas mes yeux. J'ai d'ailleurs aussitôt minimisé ce résultat (mon habitude du déni) en me disant que c'était comme les tests psychologiques, ça valait pour tout le monde... J'ai continué d'aller aux réunions, j'ai commencé à lire la littérature Al-Anon qui m'est apparue lumineuse tant j'y retrouvais à la fois mon vécu et des outils pour ne pas rester victime de mon passé. Ma mère avait un alcoolisme caché et mondain en ce sens qu'il n'y paraissait pas; sauf à son comportement tyrannique, incompréhensible pour moi car fluctuant, imprévisible à tel point que ma devise était (et est encore parfois malheureusement face à ce type de comportement) : "gare-toi!", autant dire que je me suis mise très tôt dans une voie de garage pour ne pas la déranger : mutisme, absence de désirs, soumission, complaisance à toute épreuve. Les apparences étaient reines au sein de ma famille, il fallait se taire à l'intérieur, ne rien exposer à l'extérieur sinon la face du "tout va bien". Le décès de ma mère a favorisé la perpétuation du silence car elle est décédée d'une cause indirecte de l'alcool et d'une autre dépendance conjuguées. Il m'est encore difficile émotionnellement aujourd'hui de dire combien  j'ai été affectée par l'alcoolisme de ma mère tant les conséquences sont multiples et certaines irrémédiables. Ayant grandi dans le rôle de béquille, vivant en fonction de ses humeurs et de son bon plaisir, je suis devenue une personne totalement dépendante de l'approbation d'autrui, peureuse de la désapprobation et de ses représailles; j'apprends aujourd'hui grâce à Al-Anon à me donner l'autorisation de vivre et d'exprimer mon ressenti, même si je risque de provoquer colère, ressentiment et vengeance. Je n'ai pas 'sauvé' ma mère en faisant le 'paillasson', comme l'exprime si bien notre littérature. Après 18 ans de ce régime de soumission, malgré quelques fugues, j'ai eu un sursaut d'indépendance et ai souhaité me marier. Désapprouvant ce mariage, ma mère a refusé, mon père s'est incliné devant elle, comme à l'accoutumée, résultat : j'ai explosé. Je suis partie de chez moi à dix-huit ans en claquant la porte, ma mère est morte six mois plus tard. Je ne l'ai pas revue. Ma famille m'a rendue responsable de sa mort. J'ai rompu tout contact. Je n'ai recontacté mon père que dix ans plus tard. J'ai vécu avec ce fardeau jusqu'à Al-Anon, trente ans de vie, et là j'ai appris que je n'étais responsable ni de l'alcoolisme de ma mère - que je n'aurais pas pu la sauver - ni de sa mort,  qu'en réalité,  je ne suis pas responsable de la vie d'une autre personne. J'en ai éprouvé un soulagement immense. J'ai commencé à vivre, et non plus à survivre. Un jour à la fois, je désapprends les 'techniques de survie' apprises dans mon enfance, nées de ma peur: j'apprends à ne plus fuir devant la colère, la désapprobation, le conflit; à ne plus faire ni 'le hérisson ni le paillasson' devant une personne dysfonctionnelle qui me ramène à mon impuissance d'enfant. Le rétablissement en Al-Anon consiste pour moi à me concentrer sur moi, ma propre vie, pour ne plus être happée comme un rien par la vie des autres, le jugement des autres, les désirs des autres. Nous avons un slogan qui a recentré ma vie : "ça commence par moi". Même s'il paraît égoïste au néophyte, je sais combien je me suis reniée, combien j'ai commencé par l'autre dans ma vie d'enfant comme d'adulte et combien c'est un effort de ne pas me disperser, me laisser absorber comme si je n'avais pas de volonté propre. A Al-Anon, j'essaie de découvrir mon propre désir afin d'avoir goût à la vie. Je souhaite ajouter que la spiritualité du programme peut également surprendre mais qu'elle est simplement porteuse, ce n'est pas un credo. Elle est tout à la fois l'espoir, la gratitude, l'amour de soi, la paix intérieure que me donne Al-Anon. Elle m'a sortie de l'enfer.

Sandra

Il y a bien des années, en plein désarroi, j'ai poussé la porte d'un groupe d'entre-aide Al-anon à Bruxelles et j'y ai trouvé autour de la table des personnes de tous horizons. Hommes. Femmes. Jeunes. Vieux. Tous les âges confondus, toutes cultures confondues, tout niveau social confondu.

Tous avaient en commun une spiritualité en dehors de toute religion spécifique. Cette haute spiritualité qui élève l'être humain au-dessus de sa condition. Tous m'ont portée, des jours, des semaines, des mois, des années durant, de par leur douceur, de par leur compréhension, de par l'absence de ressentiment, de par l'absence d'apitoiement. Ils avaient cette sérénité douce qui les élevait au-delà de la tristesse, au-delà de leur douleur, au-delà du poids de leur existence.

J'ai réalisé que ces personnes avaient compris quelque chose que j'ignorais totalement et j'ai voulu accéder à ce savoir. J'ai lu, relu, dévoré avec la boulimie et la détermination qui sont miennes toute leur littérature afin de comprendre, afin de savoir. Elles étaient à un degré de spiritualité qui m'était totalement étranger. Leurs sourires, leur chaleur, leur générosité m'ont portée alors que je me sentais engloutie, dépassée, anéantie par tant d'années de lutte stérile.

L'une d'entre ces personnes a compris que je désirais accéder à leur paix intérieure malgré toutes les difficultés déchirantes présentes dans leur vie. Elles étaient aux prises avec les mêmes agressions psychiques, verbales, émotionnelles et parfois physiques que moi.

L'une d'entre elles a compris que je me débattais et que quoi que je fasse, je n'arrivais pas à saisir le sens profond de la spiritualité. Et elle a fait le chemin avec moi, petit pas par petit pas. Des années durant. Sans jamais me lâcher. C'est moi qui par moments, excédée par la violence dans laquelle j'étais baignée par mon entourage de l'époque, ne voulait plus entendre parler de toute cette problématique. J'en avais eu ma dose, ma surdose, mon overdose et je décidais de tout quitter.

Elle ne m'a pas lâchée. Elle a compris. M'a soutenue, m'a orientée dans mes lectures, dans ma recherche de réponses à mes questions existentielles. Et petit à petit, j'ai su entrer dans cette merveilleuse spiritualité qui sauve de tout désespoir quoi qu'il arrive.

Petit à petit, celles qui m'ont accueillie, il y a bien des années, ont quitté une à une cette planète. Elles étaient déjà très âgées à l'époque et se sont éteintes. Je prie le Ciel pour qu'elles soient avec Dieu, tel qu'elles le conçoivent et pour que leur âme si élevée soit en paix à jamais. Je les remercie du merveilleux cadeau de vie qu'elles m'ont offert gratuitement et tellement patiemment. Donner pour donner. Toujours et encore donner. Pour que personne ne sombre.

Les années ont passé. Beaucoup d'années ont passé.

Aujourd'hui, dans ce mouvement de solidarité, j'ai rencontré une dame dont émanait la même spiritualité que celle qui se dégageait à l'époque de toute la tablée. Une vieille dame douce, gentille, sereine, détachée de ce qui trouble et de ce qui tourmente. Toujours présente, toujours hautement spirituelle, essayant de se placer elle et ses émotions au-dessus de l'immense chagrin, de l'immense tristesse d'avoir accompagné son mari malade jusqu'au bout, jusqu'à son décès et bien au-delà. Il y a deux ans qu'il est parti, nous a-t-elle expliqué, le fond était délicieux mais l'homme était trop faible pour résister à l'appel de la boisson. A la fin de sa vie il buvait moins et était de ce fait moins difficile à vivre. Mais, nous sommes-nous dits, ne le sommes-nous pas tous, faibles dans notre condition? Sans spiritualité, ne sommes-nous pas tous perdus? Je le sais pour l'avoir vécu. Cette dame avait déserté un peu les réunions, nous expliquait-elle pour pouvoir accompagner son mari jusqu"au bout. Elle revenait parce qu'il n'y avait que dans ce mouvement qu'on pouvait dire l'indicible et être comprise à mi-mot.

Un dinosaure, cette dame. Une revenante. Car aujourd'hui, cette haute spiritualité n'est recherchée et trouvée que par quelques-uns, que par quelques-unes, dont je fais partie à présent. En entendant son témoignage, je me suis sentie si heureuse et je me suis souvenue qu'avant, toutes et tous dégageaient cette superbe douceur sereine qui sauve de la folie et du désespoir.

Sa présence, son passage - j'espère de tout coeur qu'elle reviendra - m'a été immensément salutaire. Car aujourd'hui, nous ne sommes plus que quelques-uns, quelques-unes à vouloir transmettre cette spiritualité, ce que nous en avons appris, ce que nous en avons compris et à essayer de transmettre le chemin qui mène à cette paix-là.

Les temps ont changé. Beaucoup de personnes en désarroi passent, poussent la porte du mouvement à la recherche de la recette magique qui sauvera l'amour de leur vie. Les jours où je me sens seule dans une groupe à évoluer dans et vers cette spiritualité, je me décourage parfois car autour de la table les avis sont partagés et beaucoup de personnes refusent la spiritualité, quelques-unes la cherchent mais ne la trouvent pas, quelques-unes y accèdent mais n'osent pas trop en parler. Et quand j'en parle moi, on m'écoute toujours mais souvent comme si je parlais de l'inaccessible ou du dépassé. Certaines personnes la qualifient même d'américaine alors qu'elle est en réalité universelle, vitale et mondialement reconnue sur les cinq continents par toutes les cultures.

Alors, cette belle rencontre avec cette dame âgée me renforce. Elle venait de perdre son mari qu'elle aimait. Elle souriait et était sereine malgré son chagrin immense. Pas d'apitoiement. Pas de ressentiment. Que de l'amour. Que de la bonté.

Merveilleuse philosophie spirituelle qui sauve du désespoir, du désarroi. Je crois bien que c'est le plus beau cadeau qui m'ait été donné en dehors de l'amour des miens et de la naissance de ma fille. Je suis une femme gâtée. Et j'en suis très reconnaissante à la Vie.

Anne - Groupe Al-anon de Jette à Bruxelles.

Moi tout ce qui m' aide a continuer et a partager l'amour que j'ai reçu dans al-anon c'est que je suis remplie de reconnaissance et de gratitude face au mouvement car avant de connaitre al-anon j'etais deprime et je ne savais plus quoi faire pour que mon chum arrete de boire mais quand j'ai connu al-anon j'ai compris que j'etais impuissante face a son probleme et c'est la que j'ai commence a me regarder et changer les choses que je pouvais changer seulement moi et j'ai commence a connaitre Johanne qui j'etais vraiment et ce que je voulais dans la vie c est a dire m aimer assez pour ne plus accepter l'innaceptable et me faire respecter et aimer les gens tel qu'ils etaient et rechercher le bon qu il y a dans chaque personne et surtout accepter l alcoolisme comme une maladie et continuer d aimer mon conjoint et ainsi lui redonner de la valeur en tant qu'etre humain je suis contente d avoir connu al-anon car je n'ai jamais abaisser mon conjoint quand il consommait face a notre fils.

J'ai connu al-anon en 92 et mon conjoint a cesse de consommer depuis le 24 septembre 2003 seulement alors ca fait seulement 6 mois qu'il ne consomme plus et j'ai bien fait de continuer de faire al-anon tout ce temps et meme s'il ne consomme plus je continue a faire mes meetings et je continuerai toujours car c'est mon mode de vie j'en ai besoin pour etre bien et pour mieux vivre les coups durs de la vie.

Mon conjoint a decide de changer sa vie suite a un accident d'auto dont il a faillit perdre la vie et il etait completement saoul et a l'hopital il s'est dit c'est assez je n'irai pas plus loin car si je continu je vais y laisser ma peau et de toute facon plus rien n'allait dans notre couple et j'avais decide qu'il devait partir 2 semaines avant l'accident. Mais moi j'ai tellement prie pour que notre vie change et Dieu a decide que ce serait de cette facon, moi je lui avais dit tu te trouve un endroit ou aller rester car je t'aime et je ne veux plus te voir souffrir. Mais depuis ce jour notre vie a change et tout ce replace mais moi je ne lache pas mon mode de vie et je donne de l'espoir a ceux qui vivent une mauvaise passe comme moi j'ai deja vecu et je leurs dit un jour ça ira bien pour toi aussi il faut toujours garder espoir. 

Je ne serais jamais assez reconnaissante pour tout ce que j'ai recu dans al-anon, juste me faire accepter tel que j'etais demoli, demoralise, sans espoir que ça change ça ete beaucoup pour moi et a mon tour quand j'accueille une nouvelle j'essaie d'etre a son ecoute et de l'accepter tel qu'elle est. C'est un mouvement rempli d'amour et d'espoir. Merci a ma puissance superieure d'etre toujours la pour moi.

Johanne membre al-anon et fiere de l'etre

Je suis fils d'alcoolique; enfant battu, terrorisé par mon père; adolescent révolté, terrorisé par l'enfer; à vingt-cinq ans, j'ai voulu me suicider et à quarante-et-un ans, je suis devant vous et content d'y être, pas fâché d'avoir survécu. Merci Al-Anon.

A quinze ans, j'étais tout aussi poète que malheureux. A vingt ans, je reprochais à mes parents d'avoir mis des enfants au monde et de n'avoir jamais su s'en occuper comme du monde. Et je souhaitais devenir parent moi aussi; je n'étais pas convaincu que je ferais mieux qu'eux, je paniquais. J'aurais voulu les tuer tous les deux et me suicider. J'avais l'impression que je traînerais mon cadavre comme ça jusqu'à l'âge de trente ans, quarante ans, cinquante ans; alors je mourrais et je brûlerais au feu de la géhenne éternelle. A ce compte-là, pas pire en finir tout de suite et raccourcir l'éternité de quelques années... Neuf électro-chocs, quelques précieux conseils, une première fois. Je survivrai cinq ans.

Au pensionnat chrétien où j'avais passé mon adolescence, on nous disait que Dieu était un père pour nous... J'avais pris l'habitude de dire: «Notre Père qui êtes aux cieux... restez-y!» (Jacques Prévert). Restez-y! car ça va pas bien aller, je vous jure. Et la société était pourrie, et le système était foutu, et le monde était malade, et je ne m'adaptais pas à nulle part, j'étais toujours en chicane avec tout un chacun ici et là; je me sentais seul, je ne savais pas ce que je ferais dans la vie et j'avais peur.

Au juvénat j'avais étudié les auteurs chrétiens, par la force des choses évidemment, pas par choix; j'avais quand même pris goût à la littérature et c'est ce qui m'a sauvé pendant quelque temps, que d'avoir pu m'isoler: entre deux rangées de livres au fond d'une bibliothèque, je ne pouvais pas m'obstiner avec personne, j'étais presque bien. Au Cégep j'ai étudié par esprit grégaire sans doute, mais j'ai aimé aussi, les écrivains athées; ils m'enseignaient que j'étais seul au monde; que s'il existait un Dieu là-haut, de deux choses l'une: ou bien il nous avait abandonnés depuis longtemps déjà, ou bien il se moquait de nous de la plus belle façon et dans un cas comme dans l'autre, il ne fallait pas perdre son temps avec une question aussi futile.

J'ai voyagé, vagabondé sur la Côte-ouest américaine: la contestation de la guerre du Viêt-nam, les hippies, les drogues psychédéliques; j'ai travaillé avec les ouvriers au Manitoba, appris l'anglais, revenu en traduction, capoté à nouveau. Je n'avais pas droit à l'assurance-chômage, je ne voulais pas atterrir sur le BS ni retourner chez mes parents non plus... Le trou noir, le blanc de mémoire, Robert-Giffard. On disait encore l'hôpital Saint-Michel-Archange, l'asile; et dans la mythologie judéo-chrétienne, l'archange saint Michel était le gardien de l'enfer...

Le «psy», un vrai à ce qu'il me semble, mon premier vrai père spirituel. Il m'a appris ce qu'on enseigne dans les AA et Al-Anon/Alateen. Il me semblait que je n'avais pas mérité d'être enfermé avec les fous; mais les fous étaient les fous et moi, j'étais moi; je n'avais qu'à m'occuper de ma folie, la mienne ma folie; cela et rien que cela, c'était déjà pas mal, et laisser les autres en faire autant. Vivre et laisser vivre, au jour le jour... les années ont passé. Et maintenant je chante: «Non, rien de rien, non, je ne regrette rien... car ma vie, car mes joies, aujourd'hui, ça commence avec vous.» (Édith Piaff)

Écouter pour apprendre. Je vous ai suppliés de m'écouter, j'avais tant de choses à dire. Vous m'avez écouté et j'ai appris... que je n'étais plus seul au monde. Vous m'avez montré qu'il y avait un fil conducteur dans les éléments disparates de ma vie trépidante et confuse, une Force supérieure à moi-même. J'en suis venu à croire... qu'«il y a un sens à la vie comme il y a un sens au cours d'eau» (François Mauriac), que l'univers évolue, que le monde va vers quelque chose. Il importe peu de savoir vers quoi. J'ai redécouvert avec vous le sens du pèlerinage, ce sentiment à la fois tendre et profond d'aller vers quelque chose, de cheminer avec des soeurs et des frères qui font eux aussi ce cheminement. Vous êtes des pèlerines et des pèlerins adorables.

J'ai peine à imaginer ce patriarche à barbe blanche qui flotte au-dessus de la Chapelle Sixtine à Rome et qui gouverne le monde à partir de là. Mais je ne peux pas croire non plus que les quelques milliards d'années d'évolution qui nous précèdent vont se terminer dans un champignon atomique ou une quelconque catastrophe écologique. Vos souffrances partagées ont relativisé les miennes, j'ai dégonflé, dédramatisé. Et l'eau coule dans le Saint-Laurent et la terre tourne. Merci. Merci de m'avoir accepté parmi vous, aussi confus et dérangeant que j'aie pu être. Merci d'être là encore. Merci Al-Anon.

«Tu es bien fils ou fille de l'univers; tout comme les arbres et les étoiles, tu y as ta place; et quoi que tu en penses, il est clair que l'univers continue sa marche, comme il se doit.» (Max Ehrman, Desiderata )

«Tu es là au coeur de nos vies, c'est toi qui nous fait vivre.»

...ce Grand Esprit de l'univers, Grand Manitou. Il s'agit seulement que je consente à m'y abandonner. Oui, je le veux, je m'engage aujourd'hui librement... car vous êtes là au coeur de ma vie, c'est vous qui me faites vivre.

André

Je reviens en Al-Anon depuis 2 mois. J'avais fait quelques réunions il y a trois ans, lorsque je vivais un enfer avec la mère de mes enfants qui buvait depuis un an et demi. J'y avais trouvé un grand soulagement à apprendre que l'alcoolisme était une maladie. J'ai décidé de m'occuper de moi, et j'ai décidé de la quitter, la mettant face à ses responsabilités. Elle a arrêté de boire. Je l'ai quitté parce que j'avais rencontré une femme qui représentait pour moi tout ce vers quoi je tendais, ouverture d'esprit, gaieté, culture. Je savais que je pouvais me tromper, mais j'étais déterminé à rechercher quelqu'un "comme ça". Et je me suis rendu compte au bout de quelques temps, qu'elle aussi était alcoolique. Ce qui faisait la troisième femme de ma vie avec cette maladie. Mon meilleur ami est AA, abstinent depuis 7 ans. Ma meilleure amie a été héroïnomane pendant deux ans.

Alors aujourd'hui, je retourne en Al-Anon, car j'ai DÉFINITIVEMENT compris que MOI j'étais malade. J'ai lu énormément, fait de plus en plus de réunions, et je viens de demander à un ami de me parrainer. J'ai entendu des phrases qui m'ont fait tilt !

"je n'ai pas à donner mon aide, si on ne me le demande pas"

"ce que l'alcoolique te fais comme reproches violents, c'est en fait à lui-même qu'il adresse ces reproches".

Je me rends compte à quel point je peux me laisser vampiriser par le mal-aise de l'autre. Nous ne vivons pas ensemble, mais cela ne m'a jamais empêché de rater 24 heures car ELLE n'allait pas bien.

Le programme me fait un bien incroyable, je recommence à m'intéresser à mes passions, car j'ai des passions que j'ai mis trop souvent de côté pour les alcooliques de ma vie. J'écoute ma musique, et pas ses disques. Je cherche à me plaire à moi-même, plus qu'à l'autre. Je l'aime toujours autant, et je souffre de ne pas la voir quand ça ne va pas, ce qui arrive souvent, mais je prends maintenant cela comme une chance de ne pas subir les aléas de son caractère au quotidien. Je sais qu'elle n'arrêtera pas de boire pour moi, qu'on arrête pas de boire pour quelqu'un, à part pour soi-même, et uniquement quand on a touché son propre fond. JE croyais qu'elle l'avait touché, mais il est plus profond.

Cela devient étrange de souhaiter que l'abîme s'ouvre sous ses pieds, mais quand on connaît par les A-A le rétablissement, on fini par désirer que cesse toutes les demi-mesures qui ne font que renforcer le poison.

J'ai acquis une connaissance de l'alcool en ces deux mois que je n'avais jamais eu. J'ai ouvert mes yeux, en faisant beaucoup d'introspection, sur cette maladie que j'ai et qui m'a pourri la vie. J'aime de plus en plus les membres de mon groupe, et d'autres, et j'ai connu des partages extraordinaire en dehors des réunions aussi. J'apprends la patience, à ne plus parler d'alcool, sauf si elle le désirait. Elle a été une fois en réunion, elle a discuté longtemps avec mon ami A-A, elle désirerait faire une cure. Elle est aimé de quelqu'un qui comprend ce chemin à faire. Elle a comme tout alcoolique, toutes les chances à sa portée. Mais je sais qu'on ne doit que regarder ce qui se passe, et non pas ce que l'alcoolique dit. Donc, je ne sais pas si ce moment arrivera, où elle avouera son impuissance à elle-même.

Mais moi, qu'est-ce que je vais mieux ! même s'il y a eu une véritable bataille dans mes neurones, je goutte enfin à de totales plages de sérénité, je sais que c'est ce qu'il y a de mieux à faire pour l'aider, mais je le fais avant tout pour moi, et je ne m'arrêterai pas cette fois-ci, car je sais que tant que je n'aurais pas travaillé sur mes déficiences, je ne pourrais pas vivre une pleine histoire d'amour.

Merci à tous les amis, et si vous découvrez cette fraternité, accrochez-vous ça en vaut la peine.

Jean-Paul

Bonjour mes amis(es) Al Anon, Je suis représentante du Groupe du Nouveau, circonscription Québec-Ouest et cette fonction que j'ai depuis 1 an 1/2 déjà m'apporte beaucoup de confiance en moi; je suis devenue plus responsable et surtout je peux apporter de l'aide et espoir aux nouveaux membres.

Ca fait 6 ans que je suis dans le mouvement et le temps a passé vite; j'ai repris ma vie en main malgré un divorce d'un mariage de 24 années vivant auprès d'un alcoolique actif ne s'étant pas reconnu. Je vis seule avec mon fils aîné depuis 2 ans et nous sommes plus calmes. Je vis une journée à la fois en gardant toujours le sentiment que Dieu m'accordera des journées de bonheur et m'aidera à traverser avec une sérénité les journées difficiles. Al Anon doit être connu dans le monde entier et chaque membre se doit d'apporter son message afin d'aider ceux qui souffrent. Merci à tous mes amis(es) Al Anon qui m'ont encouragé et m'ont écouté.

Je vous souhaite de garder la foi en la vie, il y a toujours une solution dans les plus durs moments de la vie. Andrée

Bonjour mes amis-es Al-Anon Il y a quatre ans lorsque j°ai réalisé la présence du problème de consommation chez mon conjoint, j'étais complètement dépassée, je ne savais quoi faire et j'avais 2 garçons de 14 et 16 ans. J'ai appelé les AA et ils m'ont dit d'aller chez Al-Anon. Le jour suivant, à mon arrivée dans une salles, lorsque j'ai vu les slogans j'ai compris que j'aurais dû être là depuis des années. J'avais des problèmes à la maison et aussi beaucoup au travail. J'ai adhéré aux slogans au début ensuite peu à peu les étapes et ce dans tous les domaines de ma vie. Ma vie s'est simplifiée, je suis devenue de meilleure humeur et je reste moins longtemps dans mes états d'âme. Mon conjoint a cessé de consommé et fait une rechute et ré-arrêté. J'ai vécu cela avec les réunions, les membres et ma littérature que je lis tous les jours. J'ai appris à me détacher avec amour et laisser les personnes autour de moi vivre leurs expériences et les conséquences de leurs actes. Merci à la fraternité. Merci à ces douzes étapes, cette façon de faire qui est simple, peu dispendieuse et qui fonctionne sur tous les plans de ma vie. Aujourd'hui j'en suis à mes débuts avec une marraine pour me permettre de dire ce que je vis, de verbaliser mes émotions, de dédramatiser pour en parler avec les personnes concernées, avec amour et en douceur. Bonne journée et à la prochaine.
Doris.
Laval , Québec

Bonjour je m'appelle Monique

Il m'arrive souvent de surfer sur le site de Al-Anon ça me fait beaucoup de bien de lire les divers messages et de savoir que je ne suis pas seule.

J'ai pour ma part grandi dans une famille alcoolique ou plutôt mon père était alcoolique et longtemps je ne savais pas que ma vie d'adulte était influencé par mon enfance

J'habite en Alsace près de la frontière Allemande et je vais 2 fois par semaines dans les meetings ,j'ai compris beaucoup de choses je sais aussi que le chemin sera encore bien long et souvent il ne m'est pas facile de m'accepter comme je suis ,j'ai longtemps chemine sur un chemin destructeur mais peu a peu 24 heures a la fois je retrouve la sérénite et je remercie ma puissance supérieure d'avoir fait la connaissance d'Al-Anon des Mails de membres d'Al-Anon seraient un plaisirs pour moi

BONJOUR, Je m'appelle Annick. J'ai 41 ans, je suis enfant de père alcoolique qui est mort par accident à cause de son problème. DEPUIS, j'ai toujours eu beaucoup de réticence pour les personnes qui prenaient en fête ou dans la vie quotidienne beaucoup d'alcool. J'ai épousé par amour un homme qui me semblait sobre à l'âge de 19 ans. Mon mari vit avec moi depuis 22 ans, progressivement tout au long de son chemin de vie, je le prévenais des dangers de l'alcool et avec beaucoup d'amour, j'essayais de l'encourager à faire attention car il sortait beaucoup au restaurant pour des raisons professionnelles, et il avait le privilège de boire de très bons vins. JE VOUS PRECISE que mon père buvait l'alcool de bar de premier prix et mon mari l'alcool festif de prix très élevés. Actuellement, je suis toujours en couple, bien que j'ai vécu à cause de l'alcool des violences verbales et des humiliations qui m'ont déclenché un cancer généralisé qui je pense est actuellement en voie de guérison, car je prenais beaucoup sur moi pour faire comme si ce problème n'existait pas afin de me préserver ainsi que mes deux enfants. Dans deux années, je vais partir car j'ai perdu confiance en mon mari depuis 12 ans et je ne pouvais partir car mon mari ayant des relations très bien placées et avec des faux témoignages, j'aurais perdu mes enfants alors que j'ai tout abandonné professionnellement pour me consacrer à mon mari et mon foyer. Maintenant, mon mari est suivi par un psy très compétent car il est en maladie au foyer pour dépression depuis 1 an et demi. C'est la 3ème dépression depuis. Et je viens, seulement grâce à un groupe de parole de l'hôpital d'avoir la preuve que mon mari est un alcoolique dépendant et il va commencer certainement prochainement une cure. Mon mari n'est pas convaincu de son problème. Ce soir, alors que je vous parle, je pardonne à mon mari tout le mal qu'il m'a fait et me prépare à partir, car mon départ l'aidera à grandir et m'aidera moi aussi à guérir; et je vais tout faire pour l'accompagner dans sa cure afin qu'il puisse reconnaître son problème. Je sais qu'il va me détester un jour quand je vais le libérer de moi. Pendant les deux années qui reste, et grâce à la nouvelle loi sur le divorce qui va être appliquée en Septembre 2002 et qui va me libérer; je vais essayer de pardonner à tous ces malades alcooliques et à toutes les personnes qui prennent plaisir à faire boire les autres. LA NAISSANCE commence par le détachement à son passé, en acceptant son présent sans regrets, et en montant dans le bateau de l'avenir en gardant en mémoire les meilleurs souvenirs. PAIX, AMOUR et HARMONIE pour tous en fonction de votre choix. J'espère que ce témoignage apportera des confirmations à d'autres femmes ou hommes qui ne pouvait pas faire un trait sur leur passé. La vie vous donne ce que vous avez besoin malgré les difficultés et les épreuves ou les joies. Et la page se tourne quand vous êtes prêts. AMITIES ET BON COURAGE.
Bonjour, je m'appelle Carole.
J'ai trouvé ce site et disons que je n'aie pas tardé à t'écrire. Je veux juste te dire à toi qui commence dans Al-Anon. Continue ne lâche pas. Tu vas voir tu vas apprendre à te connaître ,les questions que tu te poses tu auras les réponses par l'entremise des autres membres parfois. Dis toi bien que la consommation de l'autre n'a rien à voir avec toi. Quoi que tu fasses il ou elle ne changeras pas. Seulement toi tu peux arriver à un bien être intérieur .Cela peut sembler difficile mais c'est loin d'être impossible. J'ai passé par là et je m'en suis sortie. Au début je suis allé pour lui et par la suite je suis resté pour moi .
Bonjour à vous tous,
 Il y a 7 ou 8 ans, Al-Anon était là comme une bouée de sauvetage. J'étais dans le noir de la violence, de la totale incompréhension. J'étais responsable de l'alcoolisme et de la sobriété de mon conjoint. Ce qu'il me rappelait à tous les jours! J'avais 2 enfants en très bas âge et je ne savais vraiment pas quoi faire. Mais plus terrible encore, je ne savais surtout pas de quoi j'étais responsable vraiment. 
Quand j'ai finalement eu le courage de partir, j'ai aussi quitté Al-Anon. Pensant que je n'en avais plus besoin étant donné que je n'avais plus de conjoint alcoolique! Erreur!!! La maladie faisait partie de moi. J'y suis d'ailleurs retourné il y a quelques mois, et cette fois-ci, avec acharnement Maintenant, j'y vais pour mon bien-être à MOI!. J'ai rencontré un autre alcoolique et je vis maintenant avec lui. Il est sobre depuis près de 3 mois. Il travaille beaucoup à son rétablissement. En ce qui me concerne, je travaille beaucoup avec les étapes présentement. Je viens d'ailleurs de terminer ma 4ième étape et je m'apprête à faire ma 5ième étape avec ma marraine. Je sais que tout cela va bien aller. Car il n'y a pas de jugement dans notre beau mouvement. Je fais 2 réunions par semaine et les membres m'y accueillent toujours de façon formidable. J'y suis acceptée peu importe mon habillement, mes erreurs, mon comportement parfois déficient, ma joie, ma tristesse ou même ma colère. J'y suis accepté comme je suis et tout ce que l'on veut, c'est mon bonheur! Cela m'aide énormément de ne pas être jugé. Quand un membre me félicite pour quoi que ce soit, mon estime de moi remonte un petit peu et me redonne des forces pour continuer. Je lis les beaux partages et commentaires dans ce site quand je ne peux pas faire de réunion. Je m'implique dans mes 2 groupes d'appartenance et je parle et j'écoute ce qui s'y dit. J'appelle une membre quand le besoin se fait sentir. Quand j'arrive dans une réunion ou que je parle avec une membre, je me sens chez moi, sans avoir peur de me faire jugé, critiqué ou encore de me faire dire quoi faire. Al-Anon marche vraiment pour moi. Et quand j'oublie parfois mon mode de vie, j'y reviens assez vite et au galop!
 J'ai beaucoup de gratitude pour Al-Anon et ses membres. Je suis maintenant heureuse d'être en vie et de faire partie de ce merveilleux mode de vie. Ayez courage. La vie vaut la peine d'être vécue. Ce n'est pas toujours rose, mais un jour à la fois, c'est beaucoup plus facile et beau!
 Lydia

Bonjour, je m’appelle Antoine, je suis le mari d’une alcoolique. J’ai connu Al-Anon en suivant ma femme à sa première réunion A.A. le 5 février 1992. J’étais partagé entre une grande espérance : c’est probablement ça la bonne solution pour tenir le coup, et une grande crainte : et si c’était une secte qui l’embarque dans Dieu sait quoi ?

Je ne me souviens pas de ce qui s’est dit ce soir là, mais j’ai pris de la littérature, un bouquin de réflexions quotidiennes et dans la semaine qui a suivi, je l’ai lu en entier. J’ai été subjugué. C’est ça la bonne façon de voir le problème.

Avant cette date, il y a eu une période où je n’ai rien vu, où j’ai nié, où j’ai pensé que tout allait s’arranger avec le temps, avec mon amour. Je comptais les bouteilles, je marquais les nivaux, je reniflais son haleine. J’ai fait des sermons, je l’ai engueulée, je l’ai frappée violemment, parfaitement convaincu que c’était la seule façon de lui faire entendre raison ; j’ai abusé de la situation. Je passais mon temps à réagir à ce qu’elle faisait ou disait. En un mot, j’étais malade moi aussi.

Al-Anon m’a permis dans un premier temps de comprendre l’alcoolisme en tant que maladie. Maladie de l’esprit, du corps, de l’âme ; maladie progressive, incurable, mortelle ; je ne suis pas responsable de cette maladie.

Je peux arriver à faire la différence entre l’alcoolisme, maladie exécrable, et la personne alcoolique, être humain malade et en pleine souffrance, en état de dépendance, habité par une véritable compulsion qui le pousse à boire, avec une obsession permanente de l’alcool.

Al-Anon me suggère de pratiquer le détachement avec amour : je peux continuer d’aimer la personne, tout en n’acceptant pas ses excès, ses agressions. Je ne peux pas l’aider tant que lui ne veut rien faire..

Je ne suis pas responsable de son rétablissement.

Al-Anon m’a expliqué que l’alcoolisme était un véritable mal familial : si nous faisons ou si nous avons fait partie de l’entourage d’un alcoolique, nous sommes tous plus ou moins affectés par les conséquences de l’alcoolisme de cette personne. Plus nous l’aimons, plus nous serons touchés : par la honte, l’obsession, l’anxiété, la colère, la négation, la culpabilité, l’apitoiement, le ressentiment…

Nous nous rejetons la faute les uns sur les autres : c’est la faute de sa mère, c’est à cause de sa femme, ce sont ses copains qui l’entraînent, c’est la faute de son patron. Une mère de famille disait à ses enfants : c’est à cause de vous si je suis obligée de rester . Nous croyons nous décharger en rejetant la faute sur les autres. C’est un véritable carrousel infernal.

Après avoir entendu parler de maladie et de mal familial, soit j’en suis à dire " Oui mais moi, ce n’est pas pareil ", et alors je vais continuer de souffrir, soit il me reste un brin de lucidité et d ’ honnêteté, et alors : J’accepte mon impuissance face à l’alcool , j’accepte l’idée que je suis malade et que j’ai besoin d’aide, et je me mets en état de recevoir cette aide : J’ouvre mon esprit.

Alors je vais entendre les suggestions qu’ Al-Anon va me faire, pendant les réunions ,en partageant au téléphone, par la littérature, avec l’aide d’un parrain , et ce sera à moi de choisir là dedans ce qui me conviendra , rien ne me sera imposé, je prendrai ce qui me plaît et laisserai le reste de côté. J’irai à mon rythme ; je disposerai de mon libre arbitre permanent.

Al-Anon me rassure : Tu n’es pas responsable de l’alcoolisme de l’autre. Il me permet de recentrer ma vision : Tu es responsable de toi ; tu ne vas pas bien, tu as besoin d’aide ; il me permet de retrouver l’espoir : je rencontre des gens qui ont les mêmes problèmes que moi et qui vont bien : mais alors moi aussi , c’est possible.

Al-Anon me donne la possibilité de me rétablir, d’être responsable de moi , d’assumer mes choix, de réfléchir au sens que je donne à la vie.

Et cela, quelle que soit l’attitude de l’alcoolique : qu’il refuse de reconnaître son problème, qu’il essaie de s’en sortir sans y arriver, qu’il soit sur la voie du rétablissement, qu’il soit décédé.

Personnellement, j’ai une infinie reconnaissance envers A.A. et Al-Anon.

C’est sans aucune hésitation que je vous dit : Si vous connaissez des personnes qui vivent cet enfer, n’hésitez pas à leur parler d’Al-Anon.

Antoine

Merci pour votre site que je découvre ce soir. Bien présenté, plein d'émotions, de vérités dures et belles à la fois, de simplicité et d'humilité qui me font si chaud au coeur !

Il est 0h 15mn et il pleut sur notre belle Provence. Je reviens de réunion où j'ai modéré sur "le respect de soi". Que de travail, que de chemin parcouru grâce aux ami(es) pour arriver à parler sur ce thème ! Et en cadeau maintenant la lecture de tous ces témoignages tellement vrais !

Cela fait 11ans que je suis en Al-Anon et je suis émue comme au premier jour, par toute cette amitié et gentillesse qui ressort des réunions, des témoignages, des partages avec les ami(es).

Je vous remercie encore pour tout cela !

Pour la première fois, samedi si Dieu le veut, (un jour à la fois) je me rendrai à Paris avec mon mari pour le Congrès du 40ème anniversaire A.A. France. Je n'aurai jamais pensé que cela puisse arriver un jour ! Merci Al-Anon !

 Bonne 24 heures à toutes et tous et peut-être à samedi et dimanche à Paris.

 Martine

Chers ami(e)s,

A la question : "pourquoi as-tu choisi de rester avec un alcoolique, malgré tout ? " je répondrai simplement : "parce que je l'aime".
Tout semble irrationnel dans une relation comme celle-ci car la raison n'est pas toujours celle du coeur.

La lutte de chaque jour pour rester, quoiqu'il arrive, tolérante, patiente et compréhensive, m'aide à ne pas m'apitoyer sur mon sort.
Ce n'est pas lui - au demeurant un homme charmant, intelligent, prévenant quand il ne boit pas - qui me fait souffrir, c'est ce poison qui ruine en premier lieu (ne l'oublions pas !) sa santé.

Le voir se détruire et ne pas parvenir à lui en faire prendre conscience est terriblement frustrant. Je voudrais tellement qu'il décide enfin de se faire réellement soigner !
Mais là encore, il faut que je m'arme de patience en attendant le "déclic".

Je ne peux faire que très peu pour lui. L'écouter quand il a envie de parler de son problème, ne pas en parler moi-même quand il n'en éprouve pas le besoin, ne pas lui faire de reproche sans pour autant approuver son comportement.
Intellectuellement c'est très facile, mais dans la pratique, quel travail sur soi !

Sans l'aide d'AL-ANON, il est fort probable que je n'y parviendrais jamais.
Après plus de 6 mois de cette merveilleuse thérapie que sont les réunions Al-Anon, j'ai réussi à admettre mon impuissance devant l'alcool, mais j'ai encore un long chemin à faire pour atteindre le "détachement" vis-à-vis du produit et trouver la vraie sérénité.

Tout au fond de moi, je garde l'espoir que nous serons pleinement heureux un jour ...

Yvette

Chers amis Al-Anon

Le 11 janvier dernier, voici ce que j'écrivais à mon fils qui n'habite pas avec moi :

  « J'ai utilisé beaucoup « d'huile de coude » la semaine dernière pour remettre la moquette en état. J'ai constaté des trous de cigarettes dessus ainsi que sur l'enveloppe de la couette. J'ai eu du mal à décoller les vomissures desséchées dans la charnière du couvercle des w.c.

Je ne condamne ni ne juge ton comportement. Je t'aime tel que tu es, mais ce sont des constatations que je ne veux pas avoir à renouveler. En conséquence, je te demanderai de ne plus fumer dans ta chambre, mais sur le balcon ; de ne plus acheter de boissons alcoolisées devant moi, de ne plus boire dans ta chambre celles que tu achètes. Je te remercie par avance de respecter ce que je te demande.

Tu es mon enfant chéri et tu le resteras toujours. Je t'aime de tout mon cœur, mais je hais l'alcool qui te détruit à petit feu et je ne peux plus supporter la vision de ta destruction .

Je te laisse libre à l'extérieur d'agir comme tu le veux ou comme tu le peux. Même si ça te paraît impossible aujourd'hui, tu sais que tu peux arrêter tes consommations, si tu le désires en te faisant aider médicalement et psychologiquement et ainsi prendre ta vie en main en toute liberté.

 Je n'ai pas encore trouvé de photo à mettre dans le cadre que tu as confectionné, mais ça viendra. Il me plaît beaucoup. Ton ficus est magnifique, grand, beau, je le soigne…

Je t'embrasse de tout mon cœur.

Ta maman qui t'aime. »………

Après avoir galéré dans un trou noir (que beaucoup d'entre nous connaissent) quelques années, aidée par ma famille, mes amis, mes collègues, un psychiatre m'a envoyée chez les Al-Anon.

Je me suis accrochée à la bouée de sauvetage tendue et j'ai mordu à pleines dents dans le programme, aidée par les amis. J'étais tellement mal et prête à tout accepter pour aller mieux.

Il y a 12 ans ; difficile d'accepter son impuissance devant un fils mineur. Devant la loi, tout parent est responsable de l'éducation de ses enfants et des actes qu'ils posent. Quel dilemme ! ! !

Au fil des années, Al-Anon m'a libérée du ressentiment, quel soulagement ! Et m'a appris beaucoup de choses :

- la patience

- ne pas contrôler, ne pas critiquer, ne pas juger

- on ne peut changer que soi, pas l'autre (dur, dur !)

- donner de l'amour et ne pas en attendre en retour (pas facile)

- l'humilité : en marchant sur mon orgueil, j'ai pu avancer

- à me détacher sans être indifférente (quel travail sur soi)

- etc.

J'ai digéré et digère encore tout ce programme avec l'aide de ma Puissance Supérieure et des amis Al-Anon. Il me reste beaucoup à faire, mais je suis en marche et heureuse de vivre. Maintenant, je vais bien.

Les A.A. m'ont ouvert la fenêtre de l'Espoir. Quelle bouffée d'air revitalisante, le cadeau ! ! ! Eux, s'en sont sortis et même des jeunes, ouah ! ! ! Pourquoi pas mon fils un jour ?

Il me prend à rêver parfois : je vois mon fils en vie intra-utérine. Son embryologie terminée éclatera une nouvelle naissance hors alcool et hasch, et ce sera merveilleux. Peu importe le temps qu'il faudra, même si ce n'est pas le mien.

  Une Anonyme

 

Bonjour les amis, je m'appelle Christine et je suis Al-Anon...

Pour ma part, je ne souhaite pas à l'heure actuelle revenir sur HIER.

Hier contient de belles choses et de moins belles choses. Je dirais
seulement, que je suis partie habiter Toulouse durant 3 ans, car je
ne croyais plus à la possibilité d'un changement. Je ne me sentais plus aimée, je me sentais très seule, je voyais mon mari se détruire et ne pouvais rien y faire. J'avais peur de le voir toucher le fond. Ça m'angoissait terriblement. J'étais aussi irritée et en colère tout comme j'étais victime de l'alcool de mon mari.

Durant ces 3 années, mon mari a fait son chemin qui l'a amené à faire une cure et à se joindre aux AA. Pour ma part, je me suis abrutie dans le boulot (jours+nuits) pour ne plus penser à ce que je traversais.
Puis, Mon corps n'en pouvant plus, a demandé "pouce" et s'est rebellé jusqu'à tomber malade d'un cancer. Je ruminais mes rancœurs et ma colère devant tout ce gâchis. Je me suis dit alors que je ne pourrais me sortir de là vivante que si j'arrivais à me pardonner.
Je me suis confiée à une kiné de l'hôpital qui m'a donné un truc :
un jour au calme, on prend un mouchoir, on met tout ce qui dérange
dedans et on l'envoie. Un soir, j'y mettais mes rancœurs, mes peines, mes espoirs. J'ai fait deux nœuds et me suis endormie en paix.
Un mois après, mon médecin m'annonçait  que j'étais en rémission, mon mari était parti pour sa cure.
Quel bonheur !
Puis un jour de décembre, j'ai eu mon mari au téléphone et un miracle avait lieu, il semblait serein et joyeux au téléphone et ça sans alcool dans la voix.
Je lui ai dit alors que je souhaitais le voir, voir ce miracle, pouvoir enfin vivre ce miracle. Il m'a alors parlé d'Al-Anon. Je n'en avais jamais entendu parler auparavant.
Après qu'il m'ait expliqué ce dont il s'agissait, je suis allée tout de
suite en réunion. Et là, deuxième miracle, j'ai été accueillie très chaleureusement par des personnes si souriantes ! M'étais-je trompée ,ils étaient si sereins !
Un petit café, des bises de chacun, tout le monde qui me donnait son prénom... Je m'appelle Roger, bienvenue, moi c'est Brigitte…  Puis la réunion a commencé dans un grand respect de la personne qui parlait, pas de jugement de qui que ce soit, pas de commentaires sur la parole de quelqu'un mais une grande qualité d'écoute les uns des autres.

J'ai écouté des mots que j'avais l'impression d'entendre pour la première fois, mais que je connaissais :

Alcoolisme mal familial
Vivre et laisser vivre
Lâcher prise
Descendre du manège
Garder l'esprit ouvert
Accepter
Courage
Changer les choses
Sérénité
Humilité
Rétablissement

Enfin, ils m'ont donné le sentiment après m'avoir écoutée, d'avoir compris tout ce qui s'était passé dans ces valises que je posais là.

Après ces échanges d'une grande intensité, on a eu de nouveau un petit café avec des propos de sympathie. J'avais de nouveaux amis. Je me sentais en osmose complète avec le groupe et j'ai compris que je ne serais plus jamais seule devant ce problème d'alcool. Ce moment du café fut aussi très réparateur. On m'a donné des numéros de téléphone en me disant que je ne dérangerai jamais si j'avais besoin d'aide.

En rentrant chez moi, je me suis mise à penser : "si seulement tous les jours de la semaine étaient mercredi, qu'est-ce que ça serait bien". Il m'a fallu alors accepter de me hâter lentement.
Puis, je suis remontée à Dieppe voir mon mari et nous avons passé 5 jours que jamais je n'oublierai.
Il m'a proposé le dimanche après-midi de venir en réunion ouverte à "vivre sobre" à Rouen.
Lorsque j'ai entendu mon mari se présenter en disant : "je suis
alcoolique", j'ai compris que je pouvais avoir confiance en son rétablissement et j'ai depuis lors éprouvé une grande reconnaissance envers ces alcooliques qui savaient si bien s'aider dans leur recherche de l'abstinence puis de la sobriété.
Avec beaucoup d'émotion, je me suis encore débarrassée d'une bien lourde valise.
Depuis, j'arrive grâce aux Al-Anons à me rétablir petit à petit, et mon
rétablissement passe aussi par les réunions ouvertes AA.
Je sais maintenant que j'ai beaucoup de travail à faire sur moi même pour changer toutes ces attitudes irrationnelles qui me pourrissaient la vie.
J'ai perdu beaucoup de temps et d'énergie à dresser l'inventaire des autres sans penser à dresser le mien.
J'ai du pain sur la planche, car j'ai découvert que non seulement j'avais des défauts mais aussi que j'avais des qualités, donc je dois travailler sur moi. Il me faut maintenant m'accepter telle que je suis et ça ne me laisse guère de temps pour faire l'inventaire des autres.
Avec Al-Anon, j'apprends à changer mes attitudes, à maîtriser mes émotions, à surmonter mes colères. Et, je n'ai plus de sentiments de culpabilité.
J'apprends à vivre un jour à la fois et ça marche. Je découvre aussi le service et je sens que ça aide aussi au rétablissement.
Grâce au programme Al-Anon, je m'accepte comme quelqu'un qui veut vivre une bonne vie.
J'ai besoin de ce programme et des Al-Anons qui savent si bien me pardonner et m'aider à me pardonner lorsque je rechute dans les moments de peurs, lorsque les vieux réflexes, les vieilles mauvaises attitudes reviennent à la surface. Leur expérience dans le programme me permet d'ouvrir la fenêtre qui me permet de respirer un peu en ouvrant tout grand mon esprit.
Je sais aussi de par les partages AA et Al-Anon, qu'il y a toujours lieu d'espérer, et que, peu importe les circonstances auxquelles j'ai à faire face, je suis capable de vivre et d'aimer à nouveau.

Un grand merci à tous les AA et aux Al-Anons.

Un grand merci à mon mari qui m'a fait connaître un nouveau mode de vie, qui me permet de me rencontrer et de vivre mieux avec lui.

Christine

 

 

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