Si
vous voulez nous envoyer un témoignage par courrier ou par mail c'estici
Je suis adulte enfant
d'alcoolique, j'ai 55ans. Je n'ai découvert
l'alcoolisme de ma mère qu'à 50 ans.
En effet, toute ma famille, moi-même y compris,
avons été dans le déni jusqu'à ce
que je rencontre Al-Anon à cet âge.
Encore aujourd'hui, seuls mon père et moi avons
accepté que ma mère avait été un
buveur problème. Mes cinq frères
et soeurs se protègent en faisant comme
si de rien n'était, comme s'il n'y avait
pas eu de conséquences dramatiques dans
notre famille. Ma mère est décédée
il y a 35 ans, j'avais alors 20 ans. J'ai
connu Al-Anon grâce à un ami
qui était aux Alcooliques Anonymes et qui
me suggérait, pour que je le comprenne
mieux, d'aller en réunion. J'y ai lu
la plaquette "Avez-vous grandi auprès d'un
buveur problème?" et j'ai répondu
'oui' à dix-neuf des vingt questions...
Je n'en croyais pas mes yeux. J'ai d'ailleurs aussitôt
minimisé ce résultat (mon habitude
du déni) en me disant que c'était
comme les tests psychologiques, ça valait
pour tout le monde... J'ai continué d'aller
aux réunions, j'ai commencé à lire
la littérature Al-Anon qui m'est apparue
lumineuse tant j'y retrouvais à la fois
mon vécu et des outils pour ne pas rester
victime de mon passé. Ma mère avait
un alcoolisme caché et mondain en ce sens
qu'il n'y paraissait pas; sauf à son comportement
tyrannique, incompréhensible pour moi car
fluctuant, imprévisible à tel point
que ma devise était (et est encore parfois
malheureusement face à ce type de comportement) : "gare-toi!",
autant dire que je me suis mise très
tôt dans une voie de garage pour ne
pas la déranger : mutisme, absence de désirs,
soumission, complaisance à toute épreuve.
Les apparences étaient reines au sein de
ma famille, il fallait se taire à l'intérieur, ne
rien exposer à l'extérieur sinon
la face du "tout va bien". Le décès
de ma mère a favorisé la perpétuation
du silence car elle est décédée
d'une cause indirecte de l'alcool et d'une autre
dépendance conjuguées. Il m'est encore
difficile émotionnellement aujourd'hui de
dire combien j'ai été affectée
par l'alcoolisme de ma mère tant les conséquences
sont multiples et certaines irrémédiables.
Ayant grandi dans le rôle de béquille,
vivant en fonction de ses humeurs et de son bon
plaisir, je suis devenue une personne totalement
dépendante de l'approbation d'autrui, peureuse
de la désapprobation et de ses représailles;
j'apprends aujourd'hui grâce à Al-Anon à me
donner l'autorisation de vivre et d'exprimer mon
ressenti, même si je risque de provoquer
colère, ressentiment et vengeance. Je n'ai
pas 'sauvé' ma mère en faisant le
'paillasson', comme l'exprime si bien notre littérature. Après
18 ans de ce régime de soumission, malgré quelques
fugues, j'ai eu un sursaut d'indépendance
et ai souhaité me marier. Désapprouvant
ce mariage, ma mère a refusé, mon
père s'est incliné devant elle, comme à l'accoutumée,
résultat : j'ai explosé. Je
suis partie de chez moi à dix-huit ans en
claquant la porte, ma mère est morte six
mois plus tard. Je ne l'ai pas revue. Ma famille
m'a rendue responsable de sa mort. J'ai rompu tout
contact. Je n'ai recontacté mon père
que dix ans plus tard. J'ai vécu avec ce
fardeau jusqu'à Al-Anon, trente ans de vie,
et là j'ai appris que je n'étais responsable
ni de l'alcoolisme de ma mère - que
je n'aurais pas pu la sauver - ni de sa mort, qu'en
réalité, je ne suis pas responsable
de la vie d'une autre personne. J'en ai éprouvé un
soulagement immense. J'ai commencé à vivre,
et non plus à survivre. Un jour à la
fois, je désapprends les 'techniques de
survie' apprises dans mon enfance, nées
de ma peur: j'apprends à ne plus fuir devant
la colère, la désapprobation, le
conflit; à ne plus faire ni 'le hérisson
ni le paillasson' devant une personne dysfonctionnelle
qui me ramène à mon impuissance d'enfant.
Le rétablissement en Al-Anon consiste pour
moi à me concentrer sur moi, ma propre vie,
pour ne plus être happée comme un
rien par la vie des autres, le jugement des autres,
les désirs des autres. Nous avons un slogan
qui a recentré ma vie : "ça commence
par moi". Même s'il paraît égoïste
au néophyte, je sais combien je me suis
reniée, combien j'ai commencé par
l'autre dans ma vie d'enfant comme d'adulte et
combien c'est un effort de ne pas me disperser,
me laisser absorber comme si je n'avais pas de
volonté propre. A Al-Anon, j'essaie de découvrir
mon propre désir afin d'avoir goût à la
vie. Je souhaite ajouter que la spiritualité du
programme peut également surprendre mais
qu'elle est simplement porteuse, ce n'est pas un
credo. Elle est tout à la fois l'espoir,
la gratitude, l'amour de soi, la paix intérieure
que me donne Al-Anon. Elle m'a sortie de l'enfer.
Sandra
Il y a bien des
années,
en plein désarroi, j'ai
poussé la porte d'un groupe d'entre-aide
Al-anon à Bruxelles et j'y ai trouvé autour
de la table des personnes de tous horizons. Hommes.
Femmes. Jeunes. Vieux. Tous les âges confondus,
toutes cultures confondues, tout niveau social
confondu.
Tous
avaient en commun
une spiritualité en
dehors de toute religion spécifique. Cette
haute spiritualité qui élève
l'être humain au-dessus de sa condition.
Tous m'ont portée, des jours, des semaines,
des mois, des années durant, de par leur
douceur, de par leur compréhension, de
par l'absence de ressentiment, de par l'absence
d'apitoiement. Ils avaient cette sérénité douce
qui les élevait au-delà de la tristesse,
au-delà de leur douleur, au-delà du
poids de leur existence.
J'ai réalisé que ces personnes
avaient compris quelque chose que j'ignorais
totalement et j'ai voulu accéder à ce
savoir. J'ai lu, relu, dévoré avec
la boulimie et la détermination qui sont
miennes toute leur littérature afin de
comprendre, afin de savoir. Elles étaient à un
degré de spiritualité qui m'était
totalement étranger. Leurs sourires, leur
chaleur, leur générosité m'ont
portée alors que je me sentais engloutie,
dépassée, anéantie par tant
d'années de lutte stérile.
L'une d'entre ces personnes
a compris que je désirais accéder à leur
paix intérieure malgré toutes les
difficultés déchirantes présentes
dans leur vie. Elles étaient aux prises
avec les mêmes agressions psychiques, verbales, émotionnelles
et parfois physiques que moi.
L'une d'entre elles a
compris que je me débattais
et que quoi que je fasse, je n'arrivais pas à saisir
le sens profond de la spiritualité. Et
elle a fait le chemin avec moi, petit pas par
petit pas. Des années durant. Sans jamais
me lâcher. C'est moi qui par moments, excédée
par la violence dans laquelle j'étais
baignée par mon entourage de l'époque,
ne voulait plus entendre parler de toute cette
problématique. J'en avais eu ma dose,
ma surdose, mon overdose et je décidais
de tout quitter.
Elle ne m'a pas lâchée. Elle a
compris. M'a soutenue, m'a orientée dans
mes lectures, dans ma recherche de réponses à mes
questions existentielles. Et petit à petit,
j'ai su entrer dans cette merveilleuse spiritualité qui
sauve de tout désespoir quoi qu'il arrive.
Petit à petit, celles qui m'ont accueillie,
il y a bien des années, ont quitté une à une
cette planète. Elles étaient déjà très âgées à l'époque
et se sont éteintes. Je prie le Ciel pour
qu'elles soient avec Dieu, tel qu'elles le conçoivent
et pour que leur âme si élevée
soit en paix à jamais. Je les remercie
du merveilleux cadeau de vie qu'elles m'ont offert
gratuitement et tellement patiemment. Donner
pour donner. Toujours et encore donner. Pour
que personne ne sombre.
Les années ont passé. Beaucoup
d'années ont passé.
Aujourd'hui, dans ce mouvement
de solidarité,
j'ai rencontré une dame dont émanait
la même spiritualité que celle qui
se dégageait à l'époque
de toute la tablée. Une vieille dame douce,
gentille, sereine, détachée de
ce qui trouble et de ce qui tourmente. Toujours
présente, toujours hautement spirituelle,
essayant de se placer elle et ses émotions
au-dessus de l'immense chagrin, de l'immense
tristesse d'avoir accompagné son mari
malade jusqu'au bout, jusqu'à son décès
et bien au-delà. Il y a deux ans qu'il
est parti, nous a-t-elle expliqué, le
fond était délicieux mais l'homme était
trop faible pour résister à l'appel
de la boisson. A la fin de sa vie il buvait moins
et était de ce fait moins difficile à vivre.
Mais, nous sommes-nous dits, ne le sommes-nous
pas tous, faibles dans notre condition? Sans
spiritualité, ne sommes-nous pas tous
perdus? Je le sais pour l'avoir vécu.
Cette dame avait déserté un peu
les réunions, nous expliquait-elle pour
pouvoir accompagner son mari jusqu"au bout.
Elle revenait parce qu'il n'y avait que dans
ce mouvement qu'on pouvait dire l'indicible et être
comprise à mi-mot.
Un dinosaure, cette dame.
Une revenante. Car aujourd'hui, cette haute
spiritualité n'est
recherchée et trouvée que par quelques-uns,
que par quelques-unes, dont je fais partie à présent.
En entendant son témoignage, je me suis
sentie si heureuse et je me suis souvenue qu'avant,
toutes et tous dégageaient cette superbe
douceur sereine qui sauve de la folie et du désespoir.
Sa présence, son passage - j'espère
de tout coeur qu'elle reviendra - m'a été immensément
salutaire. Car aujourd'hui, nous ne sommes plus
que quelques-uns, quelques-unes à vouloir
transmettre cette spiritualité, ce que
nous en avons appris, ce que nous en avons compris
et à essayer de transmettre le chemin
qui mène à cette paix-là.
Les temps ont changé. Beaucoup de personnes
en désarroi passent, poussent la porte
du mouvement à la recherche de la recette
magique qui sauvera l'amour de leur vie. Les
jours où je me sens seule dans une groupe à évoluer
dans et vers cette spiritualité, je me
décourage parfois car autour de la table
les avis sont partagés et beaucoup de
personnes refusent la spiritualité, quelques-unes
la cherchent mais ne la trouvent pas, quelques-unes
y accèdent mais n'osent pas trop en parler.
Et quand j'en parle moi, on m'écoute toujours
mais souvent comme si je parlais de l'inaccessible
ou du dépassé. Certaines personnes
la qualifient même d'américaine
alors qu'elle est en réalité universelle,
vitale et mondialement reconnue sur les cinq
continents par toutes les cultures.
Alors, cette belle rencontre
avec cette dame âgée
me renforce. Elle venait de perdre son mari qu'elle
aimait. Elle souriait et était sereine
malgré son chagrin immense. Pas d'apitoiement.
Pas de ressentiment. Que de l'amour. Que de la
bonté.
Merveilleuse philosophie
spirituelle qui sauve du désespoir, du désarroi. Je crois
bien que c'est le plus beau cadeau qui m'ait été donné en
dehors de l'amour des miens et de la naissance
de ma fille. Je suis une femme gâtée.
Et j'en suis très reconnaissante à la
Vie.
Anne - Groupe Al-anon
de Jette à Bruxelles.
Moi tout ce qui m'
aide a continuer et a partager l'amour que
j'ai reçu dans al-anon
c'est que je suis remplie de reconnaissance et
de gratitude face au mouvement car avant de connaitre
al-anon j'etais deprime et je ne savais plus
quoi faire pour que mon chum arrete de boire
mais quand j'ai connu al-anon j'ai compris que
j'etais impuissante face a son probleme et c'est
la que j'ai commence a me regarder et changer
les choses que je pouvais changer seulement moi
et j'ai commence a connaitre Johanne qui j'etais
vraiment et ce que je voulais dans la vie c est
a dire m aimer assez pour ne plus accepter l'innaceptable
et me faire respecter et aimer les gens tel qu'ils
etaient et rechercher le bon qu il y a dans chaque
personne et surtout accepter l alcoolisme comme
une maladie et continuer d aimer mon conjoint
et ainsi lui redonner de la valeur en tant qu'etre
humain je suis contente d avoir connu al-anon
car je n'ai jamais abaisser mon conjoint quand
il consommait face a notre fils.
J'ai connu al-anon en
92 et mon conjoint a cesse de consommer depuis
le 24 septembre 2003 seulement alors ca fait
seulement 6 mois qu'il ne
consomme plus et j'ai bien fait de continuer
de faire al-anon tout ce temps et meme s'il ne
consomme plus je continue a faire mes meetings
et je continuerai toujours car c'est mon mode
de vie j'en ai besoin pour etre bien et pour
mieux vivre les coups durs de la vie.
Mon conjoint a decide
de changer sa vie suite a un accident d'auto
dont il a faillit perdre la vie et il etait
completement saoul et a l'hopital il s'est
dit c'est assez je n'irai pas plus loin car
si je continu je vais y laisser ma peau et
de toute facon plus rien n'allait dans notre
couple et j'avais decide qu'il devait partir
2 semaines avant l'accident. Mais moi j'ai tellement
prie pour que notre vie change et Dieu a decide
que ce serait de cette facon, moi je lui avais
dit tu te trouve un endroit ou aller rester car
je t'aime et je ne veux plus te voir souffrir.
Mais depuis ce jour notre vie a change et tout
ce replace mais moi je ne lache pas mon mode
de vie et je donne de l'espoir a ceux qui vivent
une mauvaise passe comme moi j'ai deja vecu et
je leurs dit un jour ça ira bien pour
toi aussi il faut toujours garder espoir.
Je ne serais jamais assez
reconnaissante pour tout ce que j'ai recu dans
al-anon, juste me faire accepter tel que j'etais
demoli, demoralise, sans espoir que ça change ça
ete beaucoup pour moi et a mon tour quand j'accueille
une nouvelle j'essaie d'etre a son ecoute et
de l'accepter tel qu'elle est. C'est un mouvement
rempli d'amour et d'espoir. Merci a ma puissance
superieure d'etre toujours la pour moi.
Johanne membre al-anon et fiere de l'etre
Je suis
fils d'alcoolique; enfant battu, terrorisé par mon père;
adolescent révolté, terrorisé par
l'enfer; à vingt-cinq ans, j'ai voulu
me suicider et à quarante-et-un ans, je
suis devant vous et content d'y être, pas
fâché d'avoir survécu. Merci
Al-Anon.
A quinze ans, j'étais tout aussi poète
que malheureux. A vingt ans, je reprochais à mes
parents d'avoir mis des enfants au monde et de
n'avoir jamais su s'en occuper comme du monde.
Et je souhaitais devenir parent moi aussi; je
n'étais pas convaincu que je ferais mieux
qu'eux, je paniquais. J'aurais voulu les tuer
tous les deux et me suicider. J'avais l'impression
que je traînerais mon cadavre comme ça
jusqu'à l'âge de trente ans, quarante
ans, cinquante ans; alors je mourrais et je brûlerais
au feu de la géhenne éternelle.
A ce compte-là, pas pire en finir tout
de suite et raccourcir l'éternité de
quelques années... Neuf électro-chocs,
quelques précieux conseils, une première
fois. Je survivrai cinq ans.
Au pensionnat chrétien où j'avais
passé mon adolescence, on nous disait
que Dieu était un père pour nous...
J'avais pris l'habitude de dire: «Notre
Père qui êtes aux cieux... restez-y!» (Jacques
Prévert). Restez-y! car ça va pas
bien aller, je vous jure. Et la société était
pourrie, et le système était foutu,
et le monde était malade, et je ne m'adaptais
pas à nulle part, j'étais toujours
en chicane avec tout un chacun ici et là;
je me sentais seul, je ne savais pas ce que je
ferais dans la vie et j'avais peur.
Au juvénat j'avais étudié les
auteurs chrétiens, par la force des choses évidemment,
pas par choix; j'avais quand même pris
goût à la littérature et
c'est ce qui m'a sauvé pendant quelque
temps, que d'avoir pu m'isoler: entre deux rangées
de livres au fond d'une bibliothèque,
je ne pouvais pas m'obstiner avec personne, j'étais
presque bien. Au Cégep j'ai étudié par
esprit grégaire sans doute, mais j'ai
aimé aussi, les écrivains athées;
ils m'enseignaient que j'étais seul au
monde; que s'il existait un Dieu là-haut,
de deux choses l'une: ou bien il nous avait abandonnés
depuis longtemps déjà, ou bien
il se moquait de nous de la plus belle façon
et dans un cas comme dans l'autre, il ne fallait
pas perdre son temps avec une question aussi
futile.
J'ai voyagé, vagabondé sur la
Côte-ouest américaine: la contestation
de la guerre du Viêt-nam, les hippies,
les drogues psychédéliques; j'ai
travaillé avec les ouvriers au Manitoba,
appris l'anglais, revenu en traduction, capoté à nouveau.
Je n'avais pas droit à l'assurance-chômage,
je ne voulais pas atterrir sur le BS ni retourner
chez mes parents non plus... Le trou noir, le
blanc de mémoire, Robert-Giffard. On disait
encore l'hôpital Saint-Michel-Archange,
l'asile; et dans la mythologie judéo-chrétienne,
l'archange saint Michel était le gardien
de l'enfer...
Le «psy», un vrai à ce qu'il
me semble, mon premier vrai père spirituel.
Il m'a appris ce qu'on enseigne dans les AA et
Al-Anon/Alateen. Il me semblait que je n'avais
pas mérité d'être enfermé avec
les fous; mais les fous étaient les fous
et moi, j'étais moi; je n'avais qu'à m'occuper
de ma folie, la mienne ma folie; cela et rien
que cela, c'était déjà pas
mal, et laisser les autres en faire autant. Vivre
et laisser vivre, au jour le jour... les années
ont passé. Et maintenant je chante: «Non,
rien de rien, non, je ne regrette rien... car
ma vie, car mes joies, aujourd'hui, ça
commence avec vous.» (Édith Piaff)
Écouter pour apprendre. Je vous ai suppliés
de m'écouter, j'avais tant de choses à dire.
Vous m'avez écouté et j'ai appris...
que je n'étais plus seul au monde. Vous
m'avez montré qu'il y avait un fil conducteur
dans les éléments disparates de
ma vie trépidante et confuse, une Force
supérieure à moi-même. J'en
suis venu à croire... qu'«il y a
un sens à la vie comme il y a un sens
au cours d'eau» (François Mauriac),
que l'univers évolue, que le monde va
vers quelque chose. Il importe peu de savoir
vers quoi. J'ai redécouvert avec vous
le sens du pèlerinage, ce sentiment à la
fois tendre et profond d'aller vers quelque chose,
de cheminer avec des soeurs et des frères
qui font eux aussi ce cheminement. Vous êtes
des pèlerines et des pèlerins adorables.
J'ai peine à imaginer ce patriarche à barbe
blanche qui flotte au-dessus de la Chapelle Sixtine à Rome
et qui gouverne le monde à partir de là.
Mais je ne peux pas croire non plus que les quelques
milliards d'années d'évolution
qui nous précèdent vont se terminer
dans un champignon atomique ou une quelconque
catastrophe écologique. Vos souffrances
partagées ont relativisé les miennes,
j'ai dégonflé, dédramatisé.
Et l'eau coule dans le Saint-Laurent et la terre
tourne. Merci. Merci de m'avoir accepté parmi
vous, aussi confus et dérangeant que j'aie
pu être. Merci d'être là encore.
Merci Al-Anon.
«Tu es bien fils ou fille de l'univers;
tout comme les arbres et les étoiles,
tu y as ta place; et quoi que tu en penses, il
est clair que l'univers continue sa marche, comme
il se doit.» (Max Ehrman, Desiderata )
«Tu es là au
coeur de nos vies, c'est toi qui nous fait
vivre.»
...ce Grand Esprit de
l'univers, Grand Manitou. Il s'agit seulement
que je consente à m'y
abandonner. Oui, je le veux, je m'engage aujourd'hui
librement... car vous êtes là au
coeur de ma vie, c'est vous qui me faites vivre.
André
Je reviens en Al-Anon
depuis 2 mois. J'avais fait quelques réunions il y a trois ans,
lorsque je vivais un enfer avec la mère
de mes enfants qui buvait depuis un an et demi.
J'y avais trouvé un grand soulagement à apprendre
que l'alcoolisme était une maladie. J'ai
décidé de m'occuper de moi, et
j'ai décidé de la quitter, la mettant
face à ses responsabilités. Elle
a arrêté de boire. Je l'ai quitté parce
que j'avais rencontré une femme qui représentait
pour moi tout ce vers quoi je tendais, ouverture
d'esprit, gaieté, culture. Je savais que
je pouvais me tromper, mais j'étais déterminé à rechercher
quelqu'un "comme ça". Et je
me suis rendu compte au bout de quelques temps,
qu'elle aussi était alcoolique. Ce qui
faisait la troisième femme de ma vie avec
cette maladie. Mon meilleur ami est AA, abstinent
depuis 7 ans. Ma meilleure amie a été héroïnomane
pendant deux ans.
Alors aujourd'hui, je
retourne en Al-Anon, car j'ai DÉFINITIVEMENT compris que MOI j'étais
malade. J'ai lu énormément, fait
de plus en plus de réunions, et je viens
de demander à un ami de me parrainer.
J'ai entendu des phrases qui m'ont fait tilt
!
"je n'ai pas à donner
mon aide, si on ne me le demande pas"
"ce que l'alcoolique te fais comme reproches
violents, c'est en fait à lui-même
qu'il adresse ces reproches".
Je me rends compte à quel point je peux
me laisser vampiriser par le mal-aise de l'autre.
Nous ne vivons pas ensemble, mais cela ne m'a
jamais empêché de rater 24 heures
car ELLE n'allait pas bien.
Le programme me fait un
bien incroyable, je recommence à m'intéresser à mes
passions, car j'ai des passions que j'ai mis
trop souvent de côté pour les alcooliques
de ma vie. J'écoute ma musique, et pas
ses disques. Je cherche à me plaire à moi-même,
plus qu'à l'autre. Je l'aime toujours
autant, et je souffre de ne pas la voir quand ça
ne va pas, ce qui arrive souvent, mais je prends
maintenant cela comme une chance de ne pas subir
les aléas de son caractère au quotidien.
Je sais qu'elle n'arrêtera pas de boire
pour moi, qu'on arrête pas de boire pour
quelqu'un, à part pour soi-même,
et uniquement quand on a touché son propre
fond. JE croyais qu'elle l'avait touché,
mais il est plus profond.
Cela devient étrange de souhaiter que
l'abîme s'ouvre sous ses pieds, mais quand
on connaît par les A-A le rétablissement,
on fini par désirer que cesse toutes les
demi-mesures qui ne font que renforcer le poison.
J'ai acquis une connaissance
de l'alcool en ces deux mois que je n'avais
jamais eu. J'ai ouvert mes yeux, en faisant
beaucoup d'introspection, sur cette maladie
que j'ai et qui m'a pourri la vie. J'aime de
plus en plus les membres de mon groupe, et
d'autres, et j'ai connu des partages extraordinaire
en dehors des réunions
aussi. J'apprends la patience, à ne plus
parler d'alcool, sauf si elle le désirait.
Elle a été une fois en réunion,
elle a discuté longtemps avec mon ami
A-A, elle désirerait faire une cure. Elle
est aimé de quelqu'un qui comprend ce
chemin à faire. Elle a comme tout alcoolique,
toutes les chances à sa portée.
Mais je sais qu'on ne doit que regarder ce qui
se passe, et non pas ce que l'alcoolique dit.
Donc, je ne sais pas si ce moment arrivera, où elle
avouera son impuissance à elle-même.
Mais moi, qu'est-ce que
je vais mieux ! même
s'il y a eu une véritable bataille dans
mes neurones, je goutte enfin à de totales
plages de sérénité, je sais
que c'est ce qu'il y a de mieux à faire
pour l'aider, mais je le fais avant tout pour
moi, et je ne m'arrêterai pas cette fois-ci,
car je sais que tant que je n'aurais pas travaillé sur
mes déficiences, je ne pourrais pas vivre
une pleine histoire d'amour.
Merci à tous les amis, et si vous découvrez
cette fraternité, accrochez-vous ça
en vaut la peine.
Jean-Paul
Bonjour mes amis(es) Al Anon,
Je suis représentante du Groupe du Nouveau,
circonscription Québec-Ouest et cette fonction
que j'ai depuis 1 an 1/2 déjà m'apporte
beaucoup de confiance en moi; je suis devenue plus
responsable et surtout je peux apporter de l'aide
et espoir aux nouveaux membres.
Ca fait 6 ans que je suis dans le mouvement
et le temps a passé vite; j'ai repris ma vie
en main malgré un divorce d'un mariage de
24 années vivant auprès d'un alcoolique
actif ne s'étant pas reconnu. Je vis seule
avec mon fils aîné depuis 2 ans et
nous sommes plus calmes. Je vis une journée à la
fois en gardant toujours le sentiment que Dieu
m'accordera des journées de bonheur et m'aidera à traverser
avec une sérénité les journées
difficiles.
Al Anon doit être connu dans le monde entier
et chaque membre se doit d'apporter son message
afin d'aider ceux qui souffrent.
Merci à tous mes amis(es) Al Anon qui m'ont
encouragé et m'ont écouté.
Je vous souhaite de garder la foi en la vie,
il y a toujours une solution dans les plus durs
moments de la vie.
Andrée
Bonjour mes amis-es Al-Anon Il
y a quatre ans lorsque j°ai réalisé la
présence du problème de consommation
chez mon conjoint, j'étais complètement
dépassée, je ne savais quoi faire
et j'avais 2 garçons de 14 et 16 ans. J'ai
appelé les AA et ils m'ont dit d'aller chez
Al-Anon. Le jour suivant, à mon arrivée
dans une salles, lorsque j'ai vu les slogans j'ai
compris que j'aurais dû être là depuis
des années. J'avais des problèmes à la
maison et aussi beaucoup au travail. J'ai adhéré aux
slogans au début ensuite peu à peu
les étapes et ce dans tous les domaines
de ma vie. Ma vie s'est simplifiée, je suis
devenue de meilleure humeur et je reste moins longtemps
dans mes états d'âme. Mon conjoint
a cessé de consommé et fait une rechute
et ré-arrêté. J'ai vécu
cela avec les réunions, les membres et ma
littérature que je lis tous les jours. J'ai
appris à me détacher avec amour et
laisser les personnes autour de moi vivre leurs
expériences et les conséquences de
leurs actes. Merci à la fraternité.
Merci à ces douzes étapes, cette
façon de faire qui est simple, peu dispendieuse
et qui fonctionne sur tous les plans de ma vie.
Aujourd'hui j'en suis à mes débuts
avec une marraine pour me permettre de dire ce
que je vis, de verbaliser mes émotions,
de dédramatiser pour en parler avec les
personnes concernées, avec amour et en douceur.
Bonne journée et à la prochaine.
Doris.
Laval , Québec
Bonjour je m'appelle Monique
Il m'arrive souvent de surfer sur le site de
Al-Anon ça me fait beaucoup de bien de
lire les divers messages et de savoir que je
ne suis pas seule.
J'ai pour ma part grandi dans une famille alcoolique
ou plutôt mon père était
alcoolique et longtemps je ne savais pas que
ma vie d'adulte était influencé par
mon enfance
J'habite en Alsace près
de la frontière Allemande et je vais 2
fois par semaines dans les meetings ,j'ai compris
beaucoup de choses je sais aussi que le chemin
sera encore bien long et souvent il ne m'est
pas facile de m'accepter comme je suis ,j'ai
longtemps chemine sur un chemin destructeur mais
peu a peu 24 heures a la fois je retrouve la
sérénite et je remercie ma puissance
supérieure d'avoir fait la connaissance
d'Al-Anon des Mails de membres d'Al-Anon seraient
un plaisirs pour moi
BONJOUR, Je m'appelle Annick.
J'ai 41 ans, je suis enfant de père alcoolique
qui est mort par accident à cause de son
problème. DEPUIS, j'ai toujours eu beaucoup
de réticence pour les personnes qui prenaient
en fête ou dans la vie quotidienne beaucoup
d'alcool. J'ai épousé par amour un
homme qui me semblait sobre à l'âge
de 19 ans. Mon mari vit avec moi depuis 22 ans,
progressivement tout au long de son chemin de vie,
je le prévenais des dangers de l'alcool
et avec beaucoup d'amour, j'essayais de l'encourager à faire
attention car il sortait beaucoup au restaurant
pour des raisons professionnelles, et il avait
le privilège de boire de très bons
vins. JE VOUS PRECISE que mon père buvait
l'alcool de bar de premier prix et mon mari l'alcool
festif de prix très élevés.
Actuellement, je suis toujours en couple, bien
que j'ai vécu à cause de l'alcool
des violences verbales et des humiliations qui
m'ont déclenché un cancer généralisé qui
je pense est actuellement en voie de guérison,
car je prenais beaucoup sur moi pour faire comme
si ce problème n'existait pas afin de me
préserver ainsi que mes deux enfants. Dans
deux années, je vais partir car j'ai perdu
confiance en mon mari depuis 12 ans et je ne pouvais
partir car mon mari ayant des relations très
bien placées et avec des faux témoignages,
j'aurais perdu mes enfants alors que j'ai tout
abandonné professionnellement pour me consacrer à mon
mari et mon foyer. Maintenant, mon mari est suivi
par un psy très compétent car il
est en maladie au foyer pour dépression
depuis 1 an et demi. C'est la 3ème dépression
depuis. Et je viens, seulement grâce à un
groupe de parole de l'hôpital d'avoir la
preuve que mon mari est un alcoolique dépendant
et il va commencer certainement prochainement une
cure. Mon mari n'est pas convaincu de son problème.
Ce soir, alors que je vous parle, je pardonne à mon
mari tout le mal qu'il m'a fait et me prépare à partir,
car mon départ l'aidera à grandir
et m'aidera moi aussi à guérir; et
je vais tout faire pour l'accompagner dans sa cure
afin qu'il puisse reconnaître son problème.
Je sais qu'il va me détester un jour quand
je vais le libérer de moi. Pendant les deux
années qui reste, et grâce à la
nouvelle loi sur le divorce qui va être appliquée
en Septembre 2002 et qui va me libérer;
je vais essayer de pardonner à tous ces
malades alcooliques et à toutes les personnes
qui prennent plaisir à faire boire les autres.
LA NAISSANCE commence par le détachement à son
passé, en acceptant son présent sans
regrets, et en montant dans le bateau de l'avenir
en gardant en mémoire les meilleurs souvenirs.
PAIX, AMOUR et HARMONIE pour tous en fonction de
votre choix. J'espère que ce témoignage
apportera des confirmations à d'autres femmes
ou hommes qui ne pouvait pas faire un trait sur
leur passé. La vie vous donne ce que vous
avez besoin malgré les difficultés
et les épreuves ou les joies. Et la page
se tourne quand vous êtes prêts. AMITIES
ET BON COURAGE.
Bonjour, je m'appelle Carole.
J'ai trouvé ce site et disons que je n'aie
pas tardé à t'écrire. Je veux
juste te dire à toi qui commence dans Al-Anon.
Continue ne lâche pas. Tu vas voir tu vas
apprendre à te connaître ,les questions
que tu te poses tu auras les réponses par
l'entremise des autres membres parfois. Dis toi
bien que la consommation de l'autre n'a rien à voir
avec toi. Quoi que tu fasses il ou elle ne changeras
pas. Seulement toi tu peux arriver à un
bien être intérieur .Cela peut sembler
difficile mais c'est loin d'être impossible.
J'ai passé par là et je m'en suis
sortie. Au début je suis allé pour
lui et par la suite je suis resté pour moi
.
Bonjour à vous tous,
Il y a 7 ou 8 ans, Al-Anon était là comme
une bouée de sauvetage. J'étais dans
le noir de la violence, de la totale incompréhension.
J'étais responsable de l'alcoolisme et de
la sobriété de mon conjoint. Ce qu'il
me rappelait à tous les jours! J'avais 2
enfants en très bas âge et je ne savais
vraiment pas quoi faire. Mais plus terrible encore,
je ne savais surtout pas de quoi j'étais
responsable vraiment.
Quand j'ai finalement eu le courage de partir,
j'ai aussi quitté Al-Anon. Pensant que je
n'en avais plus besoin étant donné que
je n'avais plus de conjoint alcoolique! Erreur!!!
La maladie faisait partie de moi. J'y suis d'ailleurs
retourné il y a quelques mois, et cette
fois-ci, avec acharnement Maintenant, j'y vais
pour mon bien-être à MOI!. J'ai rencontré un
autre alcoolique et je vis maintenant avec lui.
Il est sobre depuis près de 3 mois. Il travaille
beaucoup à son rétablissement. En
ce qui me concerne, je travaille beaucoup avec
les étapes présentement. Je viens
d'ailleurs de terminer ma 4ième étape
et je m'apprête à faire ma 5ième étape
avec ma marraine. Je sais que tout cela va bien
aller. Car il n'y a pas de jugement dans notre
beau mouvement. Je fais 2 réunions par semaine
et les membres m'y accueillent toujours de façon
formidable. J'y suis acceptée peu importe
mon habillement, mes erreurs, mon comportement
parfois déficient, ma joie, ma tristesse
ou même ma colère. J'y suis accepté comme
je suis et tout ce que l'on veut, c'est mon bonheur!
Cela m'aide énormément de ne pas être
jugé. Quand un membre me félicite
pour quoi que ce soit, mon estime de moi remonte
un petit peu et me redonne des forces pour continuer.
Je lis les beaux partages et commentaires dans
ce site quand je ne peux pas faire de réunion.
Je m'implique dans mes 2 groupes d'appartenance
et je parle et j'écoute ce qui s'y dit.
J'appelle une membre quand le besoin se fait sentir.
Quand j'arrive dans une réunion ou que je
parle avec une membre, je me sens chez moi, sans
avoir peur de me faire jugé, critiqué ou
encore de me faire dire quoi faire. Al-Anon marche
vraiment pour moi. Et quand j'oublie parfois mon
mode de vie, j'y reviens assez vite et au galop!
J'ai beaucoup de gratitude pour Al-Anon et
ses membres. Je suis maintenant heureuse d'être
en vie et de faire partie de ce merveilleux mode
de vie. Ayez courage. La vie vaut la peine d'être
vécue. Ce n'est pas toujours rose, mais
un jour à la fois, c'est beaucoup plus facile
et beau!
Lydia
Bonjour, je m’appelle Antoine,
je suis le mari d’une alcoolique. J’ai
connu Al-Anon en suivant ma femme à sa première
réunion A.A. le 5 février 1992. J’étais
partagé entre une grande espérance :
c’est probablement ça la bonne solution
pour tenir le coup, et une grande crainte :
et si c’était une secte qui l’embarque
dans Dieu sait quoi ?
Je ne me souviens pas
de ce qui s’est dit ce soir là, mais
j’ai pris de la littérature, un bouquin
de réflexions quotidiennes et dans la semaine
qui a suivi, je l’ai lu en entier. J’ai été subjugué.
C’est ça la bonne façon de
voir le problème.
Avant cette date, il y
a eu une période où je n’ai
rien vu, où j’ai nié, où j’ai
pensé que tout allait s’arranger avec
le temps, avec mon amour. Je comptais les bouteilles,
je marquais les nivaux, je reniflais son haleine.
J’ai fait des sermons, je l’ai engueulée,
je l’ai frappée violemment, parfaitement
convaincu que c’était la seule façon
de lui faire entendre raison ; j’ai
abusé de la situation. Je passais mon temps à réagir à ce
qu’elle faisait ou disait. En un mot, j’étais
malade moi aussi.
Al-Anon m’a permis dans
un premier temps de comprendre l’alcoolisme
en tant que maladie. Maladie de l’esprit,
du corps, de l’âme ; maladie progressive,
incurable, mortelle ; je ne suis pas responsable
de cette maladie.
Je peux arriver à faire
la différence entre l’alcoolisme,
maladie exécrable, et la personne alcoolique, être
humain malade et en pleine souffrance, en état
de dépendance, habité par une véritable
compulsion qui le pousse à boire, avec une
obsession permanente de l’alcool.
Al-Anon
me suggère de pratiquer le détachement
avec amour : je peux continuer d’aimer
la personne, tout en n’acceptant pas ses
excès, ses agressions. Je ne peux pas l’aider
tant que lui ne veut rien faire..
Je ne suis pas
responsable de son rétablissement.
Al-Anon m’a expliqué que l’alcoolisme était
un véritable mal familial : si nous
faisons ou si nous avons fait partie de l’entourage
d’un alcoolique, nous sommes tous plus ou
moins affectés par les conséquences
de l’alcoolisme de cette personne. Plus nous
l’aimons, plus nous serons touchés :
par la honte, l’obsession, l’anxiété,
la colère, la négation, la culpabilité,
l’apitoiement, le ressentiment…
Nous
nous rejetons la faute les uns sur les autres :
c’est la faute de sa mère, c’est à cause
de sa femme, ce sont ses copains qui l’entraînent,
c’est la faute de son patron. Une mère
de famille disait à ses enfants : c’est à cause
de vous si je suis obligée de rester . Nous
croyons nous décharger en rejetant la faute
sur les autres. C’est un véritable
carrousel infernal.
Après avoir entendu parler
de maladie et de mal familial, soit j’en
suis à dire " Oui mais moi,
ce n’est pas pareil ", et alors
je vais continuer de souffrir, soit il me reste
un brin de lucidité et d ’ honnêteté,
et alors : J’accepte mon impuissance
face à l’alcool , j’accepte
l’idée que je suis malade et que
j’ai
besoin d’aide, et je me mets en état
de recevoir cette aide : J’ouvre mon
esprit.
Alors je vais entendre les suggestions
qu’ Al-Anon
va me faire, pendant les réunions ,en
partageant au téléphone, par la
littérature,
avec l’aide d’un parrain , et ce
sera à moi
de choisir là dedans ce qui me conviendra
, rien ne me sera imposé, je prendrai
ce qui me plaît et laisserai le reste de
côté.
J’irai à mon rythme ; je disposerai
de mon libre arbitre permanent.
Al-Anon me rassure :
Tu n’es pas responsable de l’alcoolisme
de l’autre. Il me permet de recentrer ma
vision : Tu es responsable de toi ;
tu ne vas pas bien, tu as besoin d’aide ;
il me permet de retrouver l’espoir :
je rencontre des gens qui ont les mêmes
problèmes
que moi et qui vont bien : mais alors moi
aussi , c’est possible.
Al-Anon me donne
la possibilité de me rétablir,
d’être
responsable de moi , d’assumer mes choix,
de réfléchir au sens que je donne à la
vie.
Et cela, quelle que soit l’attitude
de l’alcoolique : qu’il refuse
de reconnaître son problème, qu’il
essaie de s’en sortir sans y arriver, qu’il
soit sur la voie du rétablissement, qu’il
soit décédé.
Personnellement,
j’ai une infinie reconnaissance envers
A.A. et Al-Anon.
C’est sans aucune hésitation
que je vous dit : Si vous connaissez des
personnes qui vivent cet enfer, n’hésitez
pas à leur
parler d’Al-Anon.
Antoine
Merci pour
votre site que je découvre ce soir. Bien
présenté, plein d'émotions,
de vérités dures et belles à la
fois, de simplicité et d'humilité qui
me font si chaud au coeur !
Il est 0h 15mn et il pleut
sur notre belle Provence. Je reviens de réunion
où j'ai modéré sur "le
respect de soi". Que de travail, que de
chemin parcouru grâce aux ami(es) pour
arriver à parler sur ce thème !
Et en cadeau maintenant la lecture de tous ces
témoignages tellement vrais !
Cela fait 11ans que je suis
en Al-Anon et je suis émue comme au premier
jour, par toute cette amitié et gentillesse
qui ressort des réunions, des témoignages,
des partages avec les ami(es).
Je vous remercie encore pour
tout cela !
Pour la première fois,
samedi si Dieu le veut, (un jour à la
fois) je me rendrai à Paris avec mon mari
pour le Congrès du 40ème anniversaire
A.A. France. Je n'aurai jamais pensé que
cela puisse arriver un jour ! Merci Al-Anon !
Bonne 24 heures à toutes
et tous et peut-être à samedi et
dimanche à Paris.
Martine
Chers ami(e)s,
A la question : "pourquoi
as-tu choisi de rester avec un alcoolique, malgré tout
? " je répondrai simplement : "parce
que je l'aime".
Tout semble irrationnel dans une relation comme celle-ci car la raison n'est
pas toujours celle du coeur.
La lutte de chaque jour pour
rester, quoiqu'il arrive, tolérante, patiente
et compréhensive, m'aide à ne pas
m'apitoyer sur mon sort.
Ce n'est pas lui - au demeurant un homme charmant, intelligent, prévenant
quand il ne boit pas - qui me fait souffrir, c'est ce poison qui ruine en premier
lieu (ne l'oublions pas !) sa santé.
Le voir se détruire
et ne pas parvenir à lui en faire prendre
conscience est terriblement frustrant. Je voudrais
tellement qu'il décide enfin de se faire
réellement soigner !
Mais là encore, il faut que je m'arme de patience en attendant le "déclic".
Je ne peux faire que très
peu pour lui. L'écouter quand il a envie
de parler de son problème, ne pas en parler
moi-même quand il n'en éprouve pas
le besoin, ne pas lui faire de reproche sans
pour autant approuver son comportement.
Intellectuellement c'est très facile, mais dans la pratique, quel travail
sur soi !
Sans l'aide d'AL-ANON, il
est fort probable que je n'y parviendrais jamais.
Après plus de 6 mois de cette merveilleuse thérapie que sont
les réunions Al-Anon, j'ai réussi à admettre mon impuissance
devant l'alcool, mais j'ai encore un long chemin à faire pour atteindre
le "détachement" vis-à-vis du produit et trouver la
vraie sérénité.
Tout au fond de moi, je garde
l'espoir que nous serons pleinement heureux un
jour ...
Yvette
Chers amis Al-Anon
Le 11 janvier dernier, voici
ce que j'écrivais à mon fils qui
n'habite pas avec moi :
« J'ai
utilisé beaucoup « d'huile
de coude » la semaine dernière
pour remettre la moquette en état. J'ai
constaté des trous de cigarettes dessus
ainsi que sur l'enveloppe de la couette. J'ai
eu du mal à décoller les vomissures
desséchées dans la charnière
du couvercle des w.c.
Je ne condamne ni ne juge
ton comportement. Je t'aime tel que tu es,
mais ce sont des constatations que je ne veux
pas avoir à renouveler. En conséquence,
je te demanderai de ne plus fumer dans ta chambre,
mais sur le balcon ; de ne plus acheter
de boissons alcoolisées devant moi,
de ne plus boire dans ta chambre celles que
tu achètes. Je te remercie par avance
de respecter ce que je te demande.
Tu es mon enfant chéri
et tu le resteras toujours. Je t'aime de tout
mon cœur, mais je hais l'alcool qui te détruit à petit
feu et je ne peux plus supporter la vision
de ta destruction .
Je te laisse libre à l'extérieur
d'agir comme tu le veux ou comme tu le peux.
Même si ça te paraît impossible
aujourd'hui, tu sais que tu peux arrêter
tes consommations, si tu le désires
en te faisant aider médicalement et
psychologiquement et ainsi prendre ta vie en
main en toute liberté.
Je n'ai pas encore
trouvé de photo à mettre dans
le cadre que tu as confectionné, mais ça
viendra. Il me plaît beaucoup. Ton ficus
est magnifique, grand, beau, je le soigne…
Je t'embrasse de tout
mon cœur.
Ta maman qui t'aime. »………
Après avoir galéré dans
un trou noir (que beaucoup d'entre nous connaissent)
quelques années, aidée par ma famille,
mes amis, mes collègues, un psychiatre
m'a envoyée chez les Al-Anon.
Je me suis accrochée à la
bouée de sauvetage tendue et j'ai mordu à pleines
dents dans le programme, aidée par les
amis. J'étais tellement mal et prête à tout
accepter pour aller mieux.
Il y a 12 ans ; difficile
d'accepter son impuissance devant un fils mineur.
Devant la loi, tout parent est responsable de
l'éducation de ses enfants et des actes
qu'ils posent. Quel dilemme ! ! !
Au fil des années,
Al-Anon m'a libérée du ressentiment,
quel soulagement ! Et m'a appris beaucoup
de choses :
- la patience
- ne pas contrôler,
ne pas critiquer, ne pas juger
- on ne peut changer que soi,
pas l'autre (dur, dur !)
- donner de l'amour et ne
pas en attendre en retour (pas facile)
- l'humilité :
en marchant sur mon orgueil, j'ai pu avancer
- à me détacher
sans être indifférente (quel travail
sur soi)
- etc.
J'ai digéré et
digère encore tout ce programme avec l'aide
de ma Puissance Supérieure et des amis
Al-Anon. Il me reste beaucoup à faire,
mais je suis en marche et heureuse de vivre.
Maintenant, je vais bien.
Les A.A. m'ont ouvert la fenêtre
de l'Espoir. Quelle bouffée d'air revitalisante,
le cadeau ! ! ! Eux, s'en sont
sortis et même des jeunes, ouah ! ! !
Pourquoi pas mon fils un jour ?
Il me prend à rêver
parfois : je vois mon fils en vie intra-utérine.
Son embryologie terminée éclatera
une nouvelle naissance hors alcool et hasch,
et ce sera merveilleux. Peu importe le temps
qu'il faudra, même si ce n'est pas le mien.
Une Anonyme
Bonjour
les amis, je m'appelle Christine et je suis Al-Anon...
Pour ma part, je ne souhaite pas à l'heure actuelle revenir sur HIER.
Hier contient de belles choses et de moins belles choses. Je dirais
seulement, que je suis partie habiter Toulouse durant 3 ans, car je
ne croyais plus à la possibilité d'un changement. Je ne me sentais
plus aimée, je me sentais très seule, je voyais mon mari se détruire
et ne pouvais rien y faire. J'avais peur de le voir toucher le fond. Ça
m'angoissait terriblement. J'étais aussi irritée et en colère
tout comme j'étais victime de l'alcool de mon mari.
Durant ces 3 années, mon mari a fait son chemin qui l'a amené à faire
une cure et à se joindre aux AA. Pour ma part, je me suis abrutie dans
le boulot (jours+nuits) pour ne plus penser à ce que je traversais.
Puis, Mon corps n'en pouvant plus, a demandé "pouce" et s'est
rebellé jusqu'à tomber malade d'un cancer. Je ruminais mes rancœurs
et ma colère devant tout ce gâchis. Je me suis dit alors que je
ne pourrais me sortir de là vivante que si j'arrivais à me pardonner.
Je me suis confiée à une kiné de l'hôpital qui m'a
donné un truc :
un jour au calme, on prend un mouchoir, on met tout ce qui dérange
dedans et on l'envoie. Un soir, j'y mettais mes rancœurs, mes peines, mes espoirs.
J'ai fait deux nœuds et me suis endormie en paix.
Un mois après, mon médecin m'annonçait que j'étais
en rémission, mon mari était parti pour sa cure.
Quel bonheur !
Puis un jour de décembre, j'ai eu mon mari au téléphone
et un miracle avait lieu, il semblait serein et joyeux au téléphone
et ça sans alcool dans la voix.
Je lui ai dit alors que je souhaitais le voir, voir ce miracle, pouvoir enfin
vivre ce miracle. Il m'a alors parlé d'Al-Anon. Je n'en avais jamais
entendu parler auparavant.
Après qu'il m'ait expliqué ce dont il s'agissait, je suis allée
tout de
suite en réunion. Et là, deuxième miracle, j'ai été accueillie
très chaleureusement par des personnes si souriantes ! M'étais-je
trompée ,ils étaient si sereins !
Un petit café, des bises de chacun, tout le monde qui me donnait son
prénom... Je m'appelle Roger, bienvenue, moi c'est Brigitte… Puis
la réunion a commencé dans un grand respect de la personne qui
parlait, pas de jugement de qui que ce soit, pas de commentaires sur la parole
de quelqu'un mais une grande qualité d'écoute les uns des autres.
J'ai écouté des
mots que j'avais l'impression d'entendre pour
la première fois, mais que je connaissais
:
Alcoolisme mal familial
Vivre et laisser vivre
Lâcher prise
Descendre du manège
Garder l'esprit ouvert
Accepter
Courage
Changer les choses
Sérénité
Humilité
Rétablissement
Enfin, ils m'ont donné le
sentiment après m'avoir écoutée,
d'avoir compris tout ce qui s'était passé dans
ces valises que je posais là.
Après ces échanges
d'une grande intensité, on a eu de nouveau
un petit café avec des propos de sympathie.
J'avais de nouveaux amis. Je me sentais en osmose
complète avec le groupe et j'ai compris
que je ne serais plus jamais seule devant ce
problème d'alcool. Ce moment du café fut
aussi très réparateur. On m'a donné des
numéros de téléphone en
me disant que je ne dérangerai jamais
si j'avais besoin d'aide.
En rentrant chez moi, je me
suis mise à penser : "si seulement
tous les jours de la semaine étaient mercredi,
qu'est-ce que ça serait bien". Il
m'a fallu alors accepter de me hâter lentement.
Puis, je suis remontée à Dieppe voir mon mari et nous avons passé 5
jours que jamais je n'oublierai.
Il m'a proposé le dimanche après-midi de venir en réunion
ouverte à "vivre sobre" à Rouen.
Lorsque j'ai entendu mon mari se présenter en disant : "je suis
alcoolique", j'ai compris que je pouvais avoir confiance en son rétablissement
et j'ai depuis lors éprouvé une grande reconnaissance envers
ces alcooliques qui savaient si bien s'aider dans leur recherche de l'abstinence
puis de la sobriété.
Avec beaucoup d'émotion, je me suis encore débarrassée
d'une bien lourde valise.
Depuis, j'arrive grâce aux Al-Anons à me rétablir petit à petit,
et mon
rétablissement passe aussi par les réunions ouvertes AA.
Je sais maintenant que j'ai beaucoup de travail à faire sur moi même
pour changer toutes ces attitudes irrationnelles qui me pourrissaient la vie.
J'ai perdu beaucoup de temps et d'énergie à dresser l'inventaire
des autres sans penser à dresser le mien.
J'ai du pain sur la planche, car j'ai découvert que non seulement j'avais
des défauts mais aussi que j'avais des qualités, donc je dois
travailler sur moi. Il me faut maintenant m'accepter telle que je suis et ça
ne me laisse guère de temps pour faire l'inventaire des autres.
Avec Al-Anon, j'apprends à changer mes attitudes, à maîtriser
mes émotions, à surmonter mes colères. Et, je n'ai plus
de sentiments de culpabilité.
J'apprends à vivre un jour à la fois et ça marche. Je
découvre aussi le service et je sens que ça aide aussi au rétablissement.
Grâce au programme Al-Anon, je m'accepte comme quelqu'un qui veut vivre
une bonne vie.
J'ai besoin de ce programme et des Al-Anons qui savent si bien me pardonner
et m'aider à me pardonner lorsque je rechute dans les moments de peurs,
lorsque les vieux réflexes, les vieilles mauvaises attitudes reviennent à la
surface. Leur expérience dans le programme me permet d'ouvrir la fenêtre
qui me permet de respirer un peu en ouvrant tout grand mon esprit.
Je sais aussi de par les partages AA et Al-Anon, qu'il y a toujours lieu d'espérer,
et que, peu importe les circonstances auxquelles j'ai à faire face,
je suis capable de vivre et d'aimer à nouveau.
Un grand merci à tous les AA et aux Al-Anons.
Un grand merci à mon mari qui m'a fait connaître un nouveau mode
de vie, qui me permet de me rencontrer et de vivre mieux avec lui.
Christine
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